Le siècle des Lumières
Le caractère nauséabond et violent du roman fait davantage référence à une Société obscure, par les bas-fonds visités et par le personnage de Jean-Baptiste Grenouille.
Toutefois, des personnages représentent l’esprit des siècles des lumières : ceux de Pellissier, Baldini, la veuve Arnulfi. Celle-ci témoigne de l’essor de la bourgeoisie commerçante de l’époque. Deux personnages incarnent particulièrement l’esprit des lumières :
le marquis de Taillade-Espinasse, par ses considérations scientifiques,
Antoine Richis, par sa conscience qui cherche à comprendre le meurtrier.
Le thème de l’éducation est très présent au XVIIIème siècle. L’apprentissage de Jean-Baptiste Grenouille est mis en relief, par le suivi de sa naissance à sa mort. La formation ou l’instruction technique dont bénéfice le personnage (chez Baldini ou la veuve Arnulfi) présente plutôt un récit d’anti-apprentissage, en démontrant comment un homme devient un meurtrier. On ne retrouve aucun enseignement moral, ni aucune manifestation de sentiments humains envers lui.
On retrouve une ambivalence entre la misère de la ville et la splendeur de la ville au XVIIIème siècle. La réalité misérable de la ville vient en contradiction de la capitale parisienne du luxe et de l’économie florissante.
Dans le film, le réalisateur a choisi la ville de Barcelone pour tourner Paris : les rues étroites, le marché des poissons en terre boueuse expriment la misère urbaine et la puanteur qui règne dans les rues. La splendeur est illustrée par la contemplation des boutiques, des décors présentant l’atmosphère du luxe, du calme et de la volupté. Le réalisateur parvient à faire sentir la coexistence des deux univers dans un plan : un homme distingué applique sur son visage un mouchoir afin de se prémunir contre les mauvaises odeurs.
Source : zéro de conduite, dossier pédagogique réalisé par Florence Salé, professeure de français